
L'école de la Voie
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Temps de lecture : environ 14 minutes
Bonjour à toutes et à tous 👋
Bienvenue dans l'épisode #13 des carnets de la Voie.
Que vous soyez là depuis le début ou que ce soit votre premier cours, merci de votre confiance 🙏
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Quand mon père rentrait du boulot le midi pour manger avec Maman et moi, par moments, on sentait que quelque chose n’allait pas.
Mais comme il était de la génération née dans les années 50, pas question de se plaindre.
Sauf que le corps, lui, ne ment pas.
Il était tellement stressé par son travail que la moindre bouchée ressortait aussitôt.
(Je ne vous fais pas un dessin).
Or, pour lui, le travail, c’est avant tout un moyen de subvenir aux besoins de la famille.
Le voir souffrir ainsi planta la graine du refus : « Quand je serai grand, hors de question que je subisse mon travail. »
Les années passent, je deviens professeur de philosophie et je me dis que j’ai de la chance.
La sécurité de l’emploi, un salaire stable, je parviens à conserver ce que je mange le midi.
Que demander de plus ?
De la cohérence.
Parce qu’en parallèle de mon boulot, j’ai créé un compte Instagram et une chaîne YouTube pour parler philosophie.
Et je constatais chaque jour, dans les commentaires et les DM, ô combien la philosophie, telle que je la partageais, provoquait des effets positifs dans la vie de mon audience.
Alors que lorsque je suis au lycée, je déblatère le programme officiel, j’attribue une note à une pensée naissante et je fais le gendarme dans une classe surchargée.
Je répétais progressivement le schéma de mon père : être au service de son travail.
Comment en est-on arrivé là ?
Je veux dire, comment expliquer que le travail prenne autant de place dans nos vies ?
Est-ce le travail en lui-même, ou la manière dont il est sacralisé ?
C’est à ces questions que je vous propose de répondre dans cet épisode des Carnets de la Voie.
Au programme :
Brève histoire d’un instrument de torture
Le problème du salariat
Un travail au service de sa vie
Conclusion : un moment charnière
Dès que vous serez près, vous pouvez :

Le mot travail n’a pas la même signification en 2023 qu’il y a 200 ou 500 ans.
Pour mieux le comprendre, je vous propose un voyage dans le temps à travers l’histoire du travail.
(avec, volontairement, de gros raccourcis, pour éviter un cours de 150 pages).
Par exemple, durant l’Antiquité, le travail désignait un instrument de torture appelé tripalium.
Ce qui était considéré comme du travail renvoyait à la transformation de la nature en vue de subvenir à nos besoins primaires : boire, manger, dormir.
En gros, la survie, comme les chasseurs-cueilleurs que nous étions, puis les agriculteurs par la suite.
C’est pourquoi les citoyens grecs ou romains ne travaillaient pas.
Ils s’adonnaient à la science, à la politique ou à la philosophie.
Du coup, qui travaillait ?
Qui s’occupait de notre survie ?
Les esclaves.
Les siècles passent et on arrive au Moyen Âge.
À cette époque, ce sont la noblesse et le clergé qui ne travaillent pas.
Les paysans, qu’on appelait les serfs, s’occupent des champs, de l’élevage et de tout ce qui assure la satisfaction de nos besoins primaires.
On arrive ensuite à la Renaissance.
L’idée du travail change.
Il n’est plus seulement un devoir, mais aussi un droit et un moyen de gagner sa vie.
On n’est plus uniquement dans l’idée de transformer la nature pour survivre, mais aussi dans celle d’explorer le monde et de s’accomplir.
C’est désormais l’argent qui assure la satisfaction de nos besoins primaires.
Passent les années, puis les siècles, et nous arrivons à la Révolution industrielle.
Le besoin de main-d’œuvre est croissant, ce qui engendre l’exode rural : les paysans quittent la campagne et leurs champs pour la ville et ses usines.
Le travail n’est plus une transformation de la nature, ni un moyen de s’accomplir.
C’est, pour les prolétaires, un moyen de gagner son pain à la sueur de son front, comme il est écrit dans la Bible.
Pour les dirigeants (et la société), c’est un moyen de produire des biens de consommation.
Accélérons encore un peu le temps et arrivons aux années 1950.
On parle ici de la Grande Accélération.
La mondialisation, les progrès techniques et scientifiques s’intensifient. Tout va plus vite.
L’American Dream est en vogue.
Tout le monde veut son réfrigérateur, sa Ford ou sa télévision.
Mais où trouver l’argent ?
En travaillant.
Le travail devient alors un cercle vicieux :
On travaille pour fabriquer des biens de consommation, en vue d’obtenir un salaire, qui permet d’acheter ces biens de consommation.
Et ainsi de suite, jusqu’à finir aliéné.
Le travailleur devient salarié.
Les conditions de travail sont plus « confortables ».
Une vie réussie se résume à avoir un bon travail, être bien payé, être propriétaire.
Bref, correspondre à l’idéal social de l’individu épanoui.
Dans les années 1980, 1990, 2000, ce modèle est toujours en vogue et largement « vendu » par les mœurs de la société.
On fait des études POUR trouver un travail, POUR gagner de l’argent, POUR s’acheter des choses.
Parallèlement, l’arrivée d’Internet dans nos foyers commence à changer la donne.
Il devient possible de générer de l’argent depuis son ordinateur, en restant chez soi.
Plus besoin de patron quand on est salarié.
Plus besoin de salariés quand on est patron.
Ni même de local, ni de prêt, etc.
Puis survient le Covid.
Le monde s’arrête.
Des millions de travailleurs se retrouvent enfermés chez eux, avec pour seule occupation penser à eux-mêmes.
C’est là que beaucoup réalisent qu’ils vivaient une vie par défaut.
Une vie comme inscrite dès la naissance comme la seule possible : études, boulot, propriété.
Le travail n’est alors plus seulement un moyen en vue d’une fin (le salaire).
Il peut devenir une fin en soi : travailler parce qu’on apprécie ce que l’on fait, et parce que cela a du sens pour nous.
La génération Z, à partir des années 2000, l’a intégré.
Le CDI n’a plus le vent en poupe.
Le salaire non plus.
Les avantages, bof.
En près de 2 500 ans, on est passé d’un instrument de torture à un moyen de donner un sens à sa vie.
Aujourd’hui, nous sommes à l’interstice entre le modèle salarial de la génération X et l’avènement du solobusiness de la génération Z.
Sans dire que « le salariat, c’est la prison », on se rend bien compte que ce modèle ne répond plus aux attentes d’une partie croissante des individus.
Alors, qu’est-ce qui cloche précisément dans le salariat ?
En pratique
Prenez quelques minutes et répondez par écrit :
1°) À quelle époque du travail vous sentez-vous le plus proche aujourd’hui ?
survie
sécurité
consommation
accomplissement
sens

C’est Marx qui, historiquement, a mis en lumière le problème du salariat.
Il donne le nom de prolétaire, figure qui évoque l’ouvrier à l’usine ou à la mine (un peu comme dans Germinal de Zola).
À notre époque, on parle plutôt de salarié, notamment dans le secteur tertiaire
(gestion de paie, professeur, chargé de communication…).
Le philosophe Frédéric Lordon reprend l’analyse de Marx pour la mettre au goût du jour.
Il explique que le salariat est une situation de chantage.
Un chantage à la survie matérielle, pure et simple : soit la servitude salariale, soit la misère.
En gros, le salaire et les quelques avantages qu’offre l’employeur deviennent les principales motivations des individus cherchant du travail.
Dans l’après-guerre, volontairement ou non, les salariés découvrent la société de consommation, et par la même occasion la satisfaction de pouvoir jouir des fruits de leur labeur.
On retrouve ici la balance joie / tristesse que nous avons évoquée avec Spinoza : tristesse du travail, joie de la consommation.
Ce mécanisme renforce le chantage salarial : il faut travailler pour consommer, et consommer pour continuer à travailler.
C’est ce qui conduira à transformer le travail laborieux en valeur positive.
On tente alors d’augmenter la “joie spinozienne” du travail.
Le travail salarié est vendu comme un moyen de se réaliser, d’augmenter son pouvoir d’achat, de réussir sa vie.
D’où l’argument politique récurrent : « Votez pour moi, je vais réduire le chômage ».
Au fil du temps, pour maintenir cette relation de chantage, le travail doit être désiré pour lui-même.
Et c’est là que l’on entre dans une forme de schizophrénie.
Le travail salarié devient à la fois un moyen de se réaliser, tout en étant brutalement contraint par des attentes toujours plus élevées, avec des moyens, eux, de plus en plus réduits.
Ainsi, le salariat tel que nous le connaissons aujourd’hui ne correspond plus aux attentes d’une partie croissante des individus.
La génération Y, dont je fais partie, et la génération Z accordent de moins en moins d’importance au travail comme valeur centrale de l’existence.
Ce qui est désormais recherché, c’est la qualité de vie et la quête de sens.
Et ce mouvement touche aussi les générations précédentes, car les mœurs ont évolué.
Il est temps que quelque chose change.
En pratique :
À la fin de la lecture de cette épisode, prenez quelques minutes et posez -vous cette question :
Si votre survie matérielle était assurée pendant 12 mois, continueriez-vous exactement le même travail, au même rythme, de la même façon ?

Je rêve d’une société dans laquelle on arrête de choisir son logement, son couple, l’école de ses enfants et ses vacances en fonction de son travail.
À l’inverse, mettons le travail au service de la vie, qu’il soit un moyen et non une fin en soi.
Je n’ai rien contre le salariat en tant que tel.
Travailler pour quelqu’un n’a rien de mal en soi, c’est sa structuration actuelle qui ne fonctionne plus.
Parce qu'en tant qu’humain, vous êtes un projet, celui de votre vie, et chaque objectif que vous réalisez participe à la construction de votre identité.
C’est la raison pour laquelle, lorsque vous n’aimez pas votre travail, c’est une partie de vous que vous n’appréciez pas.
Parce que vous ne nourrissez pas ce que vous êtes, au fond de vous.
Peut-être qu’un jour, de plus en plus d’entreprises permettront à leurs salariés de jouir d’une liberté proche de celle d’un entrepreneur.
Il est possible d’annualiser les horaires, de travailler par objectifs plutôt que de rester huit heures au bureau alors que le travail est terminé, ou encore de favoriser le télétravail et le travail hors bureau (sans flicage).
Mais pour le moment, en France, ce n’est pas encore la norme.
Par conséquent, j’en arrive à la conclusion que le meilleur moyen de mettre son travail au service de sa vie, c’est de le créer.
Peut-être qu’entreprendre vous fait peur, je le comprends.
Mais à notre époque, il est souvent plus simple de trouver des clients que de trouver une entreprise dans laquelle il fait bon se lever le matin.
Vous pouvez commencer par une activité annexe (ce que l’on appelle un side job) et basculer progressivement vers votre indépendance.
Pour ce faire, il faut comprendre que le marketing peut se résumer à sept questions simples :
Qui aidez-vous ?
À faire quoi ?
Comment les aidez-vous ?
Combien de temps cela leur prend-il ?
Combien cela leur coûte-t-il ?
Comment vous trouvent-ils ?
Comment créez-vous de la confiance ?
Si vous arrivez à répondre clairement à ces questions, vous avez déjà une base très solide.
Prenons le cas de quelqu’un qui souhaite devenir éducateur canin. Voici ce que pourrait être ses réponses :
J’aide les propriétaires de chiens
à faire en sorte que leur chien obéisse et ne détruise pas leur intérieur.
Je les aide grâce à des séances individuelles,
dans lesquelles nous apprenons les ordres de base et à comprendre le comportement du chien.
Cela leur prend trois mois,à raison d’une séance par semaine, plus des exercices à la maison.
Ce programme coûte 600 €.
Ils me trouvent sur Instagram grâce à la création de contenu.
Je crée de la confiance en publiant régulièrement, en faisant un live toutes les deux semaines pour répondre aux questions, et en échangeant avec eux en messages privés.
Voilà.
Bien sûr, cela peut (et doit) être affiné : quel type de propriétaires, quelles races de chiens, quelle stratégie de contenu, etc.
Mais avec ces sept questions, vous êtes déjà bien plus avancé que les coachs qui « veulent aider les gens à être heureux ».
Si vous êtes salarié, je suis convaincu qu’avec une heure supplémentaire de deep work par jour (je vous renvoie à la conclusion de l'épisode 12), vous pouvez obtenir vos premiers clients en moins de six mois.
Trente minutes le matin pour réfléchir à des idées de contenu et à des plans. Trente minutes le soir pour publier.
Le lendemain, trente minutes le matin pour engager la conversation avec les personnes qui ont réagi, afin de créer un lien de confiance.
Trente minutes le soir pour répondre et, au fil des échanges, proposer votre offre si vous pouvez réellement les aider.
Et ainsi de suite.
Cela n’a pas besoin d’être plus compliqué que ça.
Et cela peut vous coûter exactement 0 €.
Au fur et à mesure, vous gagnerez en clarté, en stratégie et en état d’esprit.
Le jour où vous générez au moins l’équivalent de votre salaire actuel, vous pourrez quitter votre emploi et vous y consacrer à temps plein.
Vous aurez changé de vie, et aussi de perception du monde.
La liberté gagnée, vous aurez enfin mis votre travail au service de votre vie.
Je vous le souhaite sincèrement.
En pratique :
Répondez aux 7 questions que je vous ai partagé au-dessus :
Qui aidez-vous ?
À faire quoi ?
Comment les aidez-vous ?
Combien de temps cela leur prend-il ?
Combien cela leur coûte-t-il ?
Comment vous trouvent-ils ?
Comment créez-vous de la confiance ?

Nous vivons une période de transition.
Le graal qu’était le CDI n’a plus autant d’importance qu’avant.
La société évolue, les mœurs aussi, et gagner de l’argent sur Internet n’a jamais été aussi accessible au sens où, avec 0 € de budget, il est aujourd’hui possible de générer au moins l’équivalent d’un salaire.
Encore une fois, mon but n’est pas de taper sur le salariat.
Il a été un modèle formidable à une certaine époque.
Mais les choses évoluent, et la manière dont il est structuré aujourd’hui ne correspond plus aux besoins des individus.
Un peu comme l’école, d’ailleurs.
C’est pourquoi je poursuis mon combat pour un monde d’interdépendance, où chacun cultive son jardin.
Pas au sens propre (quoique).
Mais au sens où chacun puisse s’épanouir dans un travail qu’il a choisi, aligné avec ses valeurs, ses besoins, avec un équilibre entre le professionnel et le personnel, et le sens qu’il souhaite donner à sa vie.
La conséquence de cela, c’est de pouvoir quitter ce monde sans regret.
Parce qu’un travail, on peut en retrouver un. Pas une vie.

Vous venez de lire les carnets de la Voie, la newsletter qui vous partage chaque semaine, 3 idées qui éclairent et 3 exercices qui transforment pour passer du chaos professionnel à un projet rentable qui vous ressemble.
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