Votre métier est-il condamné ?

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Temps de lecture : environ 12 minutes

Table des matières

Bonjour à toutes et à tous 👋

Bienvenue dans l'épisode #15 des carnets de la Voie.
Que vous soyez là depuis le début ou que ce soit votre premier cours, merci de votre confiance 🙏
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Dans le film Blade Runner, le héros passe des suspects au détecteur de mensonges pour vérifier s'ils étaient humains ou des "réplicants".

À l'époque, ça me semblait être de la pure science-fiction.


Un futur lointain, presque impossible, où la machine copierait si bien l’homme qu'on ne saurait plus faire la différence.

Aujourd'hui, ce détecteur de mensonges s'appelle ChatGPT, et il est dans votre poche.

Depuis quelques années, l'Intelligence Artificielle a envahi nos fils d'actualité, nos bureaux et nos conversations de machine à café.

Pour beaucoup d'entre nous, c'est un mélange de fascination et de profonde inquiétude.

On se sent comme des pions face à une technologie qui va plus vite que notre capacité à la comprendre. On a peur d'être "largué", de voir nos compétences devenir obsolètes, ou pire, de ne plus savoir si ce qu'on lit a été écrit par un cœur qui bat ou par un circuit imprimé.

On nous vend l'IA comme le remède miracle ou comme l'apocalypse.

Mais au milieu de tout ce bruit, on oublie de se poser la seule question qui compte vraiment : qu'est-ce que cela signifie, au fond, de "penser" ?

Est-ce qu'une machine qui simule parfaitement une conversation humaine devient, par définition, consciente ?

Ou n'est-elle qu'un miroir très sophistiqué de nos propres pensées ?

Dans ce 15e épisode des Carnets de la Voie, je vous propose de prendre de la hauteur.

On ne va pas parler de "prompts" ou de technique, mais de philosophie.

Au programme :

  • L’IA peut-elle devenir consciente ?

  • Que faire de tous ces demandeurs d'emplois ?

  • Est-ce la fin de l'humanité

  • Conclusion : Une révolution


Dès que vous serez près, vous pouvez :

  • Rejoindre mon programme La Voie pour passer du chaos professionnel à un projet rentable qui vous ressemble.

  • Lire mon livre pour vous créer une vie (presque) sans problème


L’IA peut-elle devenir consciente? 

Parmi les scénarios catastrophes concernant l’IA, il y a la possibilité de l’émergence d’une conscience dans les circuits imprimés.

En effet, si vous avez déjà utilisé ChatGPT et que vous savez l’utiliser correctement, vous avez sans doute été bluffé par sa capacité à interagir avec vous.

On pourrait penser que vous avez affaire à un humain. Ce qui n’est pas sans rappeler le test d’Alan Turing (je vous recommande d’ailleurs le film The Imitation Game).

Dans un article intitulé « Computing Machinery and Intelligence », Turing explique que se demander si les machines peuvent penser n’est pas une bonne question.

Tout d’abord, nous ne savons pas réellement ce que « penser » veut dire.

C’est pourquoi il est plus judicieux de se demander si une machine peut exécuter quelque chose qui relève d’une forme de pensée, mais qui est différent de ce que peut faire un humain.

Autrement dit : une machine peut-elle copier un simulacre de pensée qui nous évoquerait un comportement humain ?

Dans son test, Turing imagine trois individus, notés A, B et C. A est un homme, B une femme et C un observateur (peu importe son genre).

C doit poser des questions par écrit à A et à B, puis deviner qui est un homme et qui est une femme.

B dit la vérité, mais A ment, se faisant passer pour ce qu’il n’est pas. Admettons qu’une machine prenne la place de A. Arriverait-elle à se faire passer pour ce qu’elle n’est pas ? Un humain.

Si oui, alors le test est réussi.

L’expérience de Turing a été très critiquée, notamment sur l’intentionnalité des réponses que peut produire une machine.

Une IA est capable de manipuler ou de se faire passer pour un humain dans ses réponses et ses interactions, mais ne peut pas en comprendre le sens.

Par conséquent, pas de conscience en vue. Pour le moment…

Mais qu’entend-on par conscience, justement ?

En philosophie de l’esprit, on considère qu’il y a deux grands représentants.

Daniel Dennett, philosophe américain, considère que la conscience n’a rien de mystérieux. Elle est une loi de la nature que nous pourrons expliquer un jour, comme nous avons expliqué la gravitation.

De ce fait, au fur et à mesure des progrès technologiques, les IA pourraient avoir une conscience comme vous et moi.

L’autre représentant est David Chalmers.

Pour lui, la conscience pourrait être une propriété fondamentale présente à un niveau élémentaire dans la réalité.

Pas de panique, je m'explique.

Il suggère simplement que nous considérions la conscience comme une loi fondamentale, au même titre que la gravitation.

Ainsi, il est possible que toute matière possède une forme extrêmement primitive d’expérience, ou du moins une propriété fondamentale susceptible de donner naissance à la conscience.

En tant qu’êtres humains, nous sommes composés de différents organes qui, pris séparément, n’ont apparemment pas de conscience.

C’est une fois assemblés en un corps que nous parvenons à avoir conscience de notre environnement.

Il est possible qu’un jour, dans un certain assemblage, les IA soient dotées d’une conscience.

Encore faut-il que ces IA prennent conscience de leur propre conscience.

Pour le moment, aucune machine n’a conscience de ce qu’elle est en train de faire.

Cela dit, la majorité des humains non plus.

Que faire de tous ces
demandeurs d'emplois ?

D’après la banque d’investissement Goldman Sachs, les deux tiers des emplois actuels pourraient être affectés directement ou indirectement par des automatisations réalisées par l'IA.

Attention, ces données proviennent d’une étude réalisée aux États-Unis et ne prennent pas en compte la faisabilité politique de ces avancées.

Néanmoins, force est de constater qu’au fil du temps, la technique a évolué de telle sorte qu’elle enlève la pénibilité de certains travaux, voire les remplace.

L’électricité a remplacé les allumeurs, et le moteur à combustion les chevaux de trait.

C’est pourquoi la question n’est pas : « Est-ce que l’IA va remplacer des emplois ? », mais : « Quand ? », pour ensuite se demander : « Que faire des personnes demandeuses d’emploi ? »

Autrement dit, à quoi va ressembler le monde du travail à l’ère de l’IA ?

La première difficulté sera d’enlever la valeur morale attachée au travail et à la course à la productivité.

Cela avait déjà été envisagé par Paul Lafargue en 1880 dans Le Droit à la paresse, où il revendique la journée de trois heures.

En Europe occidentale, il existe une culture du travail dont nous avons déjà parlé dans l'épisode 13 sur le travail.

Cette culture en très bref : travailler, c’est bien ; il faut travailler dur pour obtenir des résultats ; et plus vous travaillez dur, plus vous êtes une bonne personne.

Ainsi, le choix culturel de la valeur travail engendre un paradoxe.

Les technologies permettent d’économiser de la main-d’œuvre et du temps, mais n’engendrent pas pour autant une diminution réelle du temps de travail.

Si bien que les fameuses 35 heures sont parfois inutiles, parce que le travail effectif peut prendre moins de temps.

Dès lors, une réserve de demandeurs d’emploi se crée parce que la demande est supérieure à l’offre.

Certes, l’IA va également créer de nouveaux emplois, mais il est possible qu’une partie des nouveaux emplois créés soient peu qualifiés et sous-payés.

Le même type d’emplois que l’IA risque de remplacer aujourd’hui.

Une solution pourrait être de travailler avec l’IA et non pour l’IA.

Il faudrait considérer que l’humain ne soit ni inférieur ni supérieur à l’IA.

Autrement dit, ni maître, ni esclave, mais « collègue ». D’où l’importance de comprendre comment cela fonctionne afin de pouvoir intervenir en cas de besoin.

Si nous arrivons à accueillir l’IA comme on accueillerait un invité, nous pourrions nous retrouver dans une culture du travail hybride.

Un graphiste ne sera pas remplacé par Midjourney, mais travaillera avec lui.

L'IA ne fera pas le travail d’un créateur de contenu, mais sera son confrère.

J’imagine qu’il y aura toujours des humains dont l’État ne saura pas quoi faire.

Dans ce cas, nous entrerons peut-être dans un monde où travailler sera un choix et non une obligation pour survivre.

Je n’ai pas la réponse à cette question.

Par contre, on peut se poser cette question.

Est-ce la fin de l'humanité ?

Dans le film Her (que je vous recommande également), le personnage de Theodore Twombly (joué par Joaquin Phoenix) tombe amoureux de Samantha, une IA dont on n’a que la voix (jouée par Scarlett Johansson).

Nous apprenons plus tard que Théodore a subi une lourde rupture amoureuse et qu’il a peur d’aller vers d’autres femmes.

En tombant amoureux, malgré lui, de l’IA, il espère s’affranchir de l’éventuelle souffrance que peut engendrer une relation avec un humain.

Sauf que tout ne se passe pas comme prévu, et je préfère ne pas en dire plus au risque de spoiler.

Ce qu’il faut retenir ici, c’est que l’avènement de l’IA ne remplacera pas l’être humain.

En tant qu’humains, nous avons besoin de côtoyer d’autres humains. Même si, parfois, nous préférons demeurer dans nos pénates, tant nos semblables nous fatiguent.

Mais pour notre équilibre émotionnel, nous avons besoin d’avoir des interactions avec d’autres humains, avec tout ce que cela comporte :

  • des rires

  • des prises de tête

  • des amitiés naissantes

  • des ruptures

Liste non exhaustive.

L’humain ne sera pas remplacé par l’IA, mais il n’est pas pour autant unique.

Des philosophes comme Noam Chomsky se moquent de ChatGPT, prétextant qu’il n’a ni intelligence ni morale et qu’au fond, il ne peut pas faire ce que fait un humain.

Sauf que ce n’est pas ce qu’on demande à une IA.

D’ailleurs, je ne sais pas vraiment ce qu’on demande à une IA. J’ai l’impression qu’elles ont été conçues pour des raisons inconnues.

Comme la plupart d’entre nous.

Qui est capable d’affirmer la raison pour laquelle il est sur Terre ?

Qui peut se vanter d’être conscient à 100 % de tout ce qu’il fait ?

Qui est clairvoyant quant au sens de ses actions ?

Peu de personnes, je pense.

C’est la raison pour laquelle je reste convaincu que l’humanité ne disparaîtra pas. En tout cas, pas à cause de l’IA, mais plutôt à cause de l’humanité elle-même.

Cela reste une question d’usage : avec un marteau, vous pouvez enfoncer un clou ou la tête de votre voisin.

Le marteau n’y est pour rien.

Avec l’IA, il est possible de cohabiter, d’être collègues et, pourquoi pas, « amis ».

Tout comme il est possible de la diriger contre nous.

Quoi qu’il en soit, je préconise d’avoir une posture d’ethnologue.

Cela signifie regarder ce qui se passe, apprendre à l’utiliser, s’amuser avec et observer le futur de la société se dessiner sous nos yeux.

Sans jugement.

Conclusion : Une révolution

L’IA est sans doute la troisième révolution du XXIe siècle, après l’apparition de l’ordinateur et d’Internet dans nos foyers.

Comme lors de chaque innovation majeure, et donc inconnue, il y a les early adopters qui s’empressent de tout comprendre, de l’utiliser et de débusquer les opportunités à créer.

À l’opposé, il y a les laggards (les traînards). Ce sont les personnes qui s’en fichent, qui ont peur ou qui se sentent larguées.

Au milieu, il y a une sorte de no man’s land. Ils ne savent pas trop quoi faire de l’IA, se demandent si c’est bien utile ou se montrent plus prudents.

Quoi qu’il en soit, la société semble tendre vers l’inclusion de l’IA dans notre quotidien.

Les early adopters auront sans doute une longueur d’avance, tout dépendra de l’usage qu’ils en font.

Les laggards, eux, vont devoir se plier aux changements sociaux, de la même manière que ne pas avoir d'ordinateur aujourd’hui est devenu handicapant.

Mais ce qui est sûr, c’est que l’IA n’est pas un mythe ou une mode qui s’essoufflera.

Alors, autant s’y intéresser.

Maîtrisons l’IA avant qu’elle ne nous maîtrise.


Bravo et merci de m'avoir lu jusqu'ici 🙏 J’espère que ce cours vous a plu, si c’est le cas faites-le-moi savoir en laissant un commentaire ou en m’envoyant un message sur LinkedIn ou Instagram.

Ça me fait toujours plaisir et ça m’aide d’avoir vos feedbacks.

Sur ce je vous laisse,

Bon futur !


Dès que vous serez prêt, vous pouvez :

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