Tout est déjà là.

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Vous lisez les carnets de la Voie, la newsletter qui vous partage chaque semaine, 3 idées qui éclairent et 3 exercices qui transforment pour passer du chaos professionnel à un projet rentable qui vous ressemble.

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Temps de lecture : environ 12 minutes

Table des matières

Bonjour à toutes et à tous 👋

Bienvenue dans l'épisode #15 des carnets de la Voie.
Que vous soyez là depuis le début ou que ce soit votre premier cours, merci de votre confiance 🙏
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J'avais dix-huit ans.

Dans mon carnet numéro 28  (j'ai toujours numéroté mes carnets, habitude contractée je ne sais plus trop quand, qui me permet aujourd'hui de retrouver certaines phrases avec une précision que je ne mérite probablement pas)  j'avais écrit ceci :

« Je vais vivre de la philosophie pour aider les gens à s'orienter dans la vie. »

Je ne me souviens pas du contexte. Ni de l'humeur de ce jour-là. Ni de ce que j'avais mangé au déjeuner. 

Juste cette phrase, posée là, comme si elle avait toujours su quelque chose que moi j'ignorais encore.

Dix ans plus tard, j'ai créé L'École de la Voie. Un programme qui utilise précisément la philosophie pour aider des salariés à faire émerger leur voie professionnelle.

Troublant.

Or, quand j'échange avec des personnes qui aiment profondément ce qu'elles font, les vraies, celles qui n'ont pas besoin de se convaincre le dimanche soir, quelque chose revient souvent. Il existe des échos entre leur présent et leur enfance. Comme si certains élans avaient toujours été là, en veilleuse, attendant simplement qu'on leur donne de l'espace.

L'enfance nous conditionne à deux niveaux, me semble-t-il. Par les blessures, d'abord — on ne peut pas ne pas en parler. Mais aussi par ce qui nous mettait profondément en mouvement. Ce qui faisait que les heures disparaissaient sans qu'on s'en aperçoive.

Et si tout était déjà là ?

Au programme

  • Des êtres en puissance

  • L'enfer c'est les autres

  • Poursuivre les bons désirs

  • Conclusion : work in progress


Dès que vous serez près, vous pouvez :

  • Rejoindre mon programme La Voie pour passer du chaos professionnel à un projet rentable qui vous ressemble.

  • Lire mon livre pour vous créer une vie (presque) sans problème


Des etres en puissance

Regardez une photo de vos grands-parents enfants.

Il y a quelque chose de vertigineux là-dedans.

Ce visage d'enfant, ces yeux qui regardent l'objectif sans savoir ce qu'ils vont faire de toute une vie. Ces petites mains qui ne savent pas encore ce qu'elles vont construire, abîmer, tenir. On a du mal à y voir la personne qu'on a connue adulte. Celle qui avait ses habitudes, ses opinions tranchées, son odeur particulière du dimanche matin.

Et pourtant.

Ce nourrisson était déjà le grand-père. En puissance.

Aristote, dans son Éthique à Nicomaque, distinguait deux états de toute chose : la puissance et l'acte. La puissance, c'est ce qui est en train de devenir, ce qui existe déjà sous une forme non encore réalisée. L'acte, c'est ce qui s'est accompli. Le gland est un chêne en puissance. La statue est le marbre devenu forme. L'enfant est l'adulte qu'il n'est pas encore.

Ce qu'Aristote voulait montrer, c'est que le devenir n'est pas une succession d'états arbitraires. Il y a quelque chose de continu, une direction qui se cherche. Ce n'est pas du destin, c'est de la cohérence.

Mais il ajoute quelque chose d'essentiel : la vie ne s'arrête jamais là.

Le chêne adulte reste encore autre chose en puissance. La réalisation n'est pas un point d'arrivée, c'est un état transitoire. Nous ne cessons jamais de devenir. Ce qui est intéressant, c'est que cette idée retire toute logique à la résignation. "Je suis comme ça, je n'y peux rien",  Aristote hausserait les épaules.

C'est ainsi que je me vois, honnêtement. Étudiant, j'étais professeur en puissance. Professeur, j'étais entrepreneur en puissance. Entrepreneur... je ne sais pas encore ce que je suis en train de devenir. 

(Je vous le dirai dans dix ans, si j'ai encore l'usage de mes carnets et de mes doigts.)

Ce qui me frappe, en relisant ce que j'écrivais à chaque époque, c'est que les graines étaient toujours là avant. L'envie d'enseigner, bien avant la première salle de classe. L'envie de construire quelque chose, bien avant le premier client. Ce n'était pas un plan. C'était quelque chose qui cherchait à exister.

Et cela pose une question inconfortable : et si nous consacrions moins d'énergie à nous inventer, et plus à laisser émerger ce qui était déjà là depuis longtemps ?

La vraie question n'est peut-être pas "Qui veux-je devenir ?" mais "Qu'est-ce qui cherche à exister en moi, et que j'ai peut-être mis de côté ?"

En pratique

Prenez une feuille et tracez une ligne horizontale correspondant à votre âge. Divisez-la en tranches de cinq ans. (Adaptez la longueur à ce qui vous convient — si vous avez soixante ans, inutile de demander un rouleau de papier peint.)

Pour chaque tranche, répondez honnêtement :

  1. Qu'est-ce qui était déjà en puissance à cette époque de ma vie ?

  2. Qu'est-ce qui s'est ensuite réalisé, même partiellement ?

  3. Qu'est-ce qui est peut-être encore en attente aujourd'hui ?

L'objectif n'est pas de réécrire votre histoire. C'est de repérer des cohérences que vous n'aviez pas vues.

L'enfer c'est les autres

Le 8 mars 2008, j'ai pris une décision.

Commencer à écrire dans un carnet, presque tous les jours.

Je ne savais pas ce que ça allait devenir. C'était une envie, floue, un peu sérieuse. Aujourd'hui, j'ai environ une centaine de carnets.

(Ce qui commence à poser un problème de stockage dans mon appartement, mais passons. Quoique... non, vraiment, passons.)

Ce que Jean-Paul Sartre appellerait un choix existentiel structurant. Un événement en apparence anodin, acheter un carnet, décider de l'ouvrir chaque matin, mais qui oriente profondément toute une existence. Une décision originelle.

Sauf que Sartre a dit autre chose d'important.

"L'enfer, c'est les autres." Tiré de Huis clos, 1944. Une formule qu'on cite souvent à tort, comme si Sartre détestait son prochain. Ce n'est pas ce qu'il voulait dire. Ce qu'il montrait, c'est que nous construisons une grande partie de notre identité en miroir du regard d'autrui. Ce regard, réel ou imaginé, peut devenir une prison.

Force est de constater que je le vois souvent dans mon travail.

Des personnes arrivent avec des idées puissantes. Des projets qui, une fois décrits à voix haute, font sens. Des envies qui correspondent exactement à ce qu'elles sont. Et puis elles ne font rien. Par peur du jugement des collègues. Des parents. De la société. Du ridicule. D'un regard extérieur qui n'existe parfois même pas encore, mais qui fait déjà des dégâts.

Ce qui me touche le plus dans ces situations, c'est la précision de l'autocensure. On ne censure pas des projets vagues. On censure des choses auxquelles on tient vraiment. Comme si les désirs les plus authentiques étaient aussi les plus exposés, ceux qu'on protège en les gardant secrets, ou qu'on enterre avant que quelqu'un d'autre ne le fasse.

Le problème avec l'enfouissement, c'est qu'il fonctionne. À court terme.

À long terme, on construit une vie entière autour d'une autocensure. Et on finit par ne plus très bien savoir ce qu'on aurait voulu, si on avait osé. Le regard imaginé des autres devient plus réel que nos propres désirs.

Certes, tout le monde ne peut pas ignorer son entourage. Ce serait absurde de le prétendre. Mais il y a une différence entre tenir compte du regard des autres et construire sa vie en fonction de ce regard. La première est de la sagesse. La seconde est une forme de capitulation lente.

Parfois, le pas de côté nécessaire n'est pas aussi radical qu'on le croit. C'est juste un pas. Un carnet. Une décision prise un matin de mars.

En pratique

Posez-vous ces questions, sans vous ménager :

  1. Qu'est-ce que je voudrais vraiment faire si personne ne regardait ?

  2. Qu'est-ce qui arriverait de fondamentalement grave si je faisais enfin ce pas de côté ?

  3. À quoi ressemblerait concrètement cette vie ? Une journée, une semaine ordinaire.

Mettez les réponses par écrit. Le regard imaginé des autres est souvent moins précis qu'on le croit une fois qu'on le met face à des faits concrets.

poursuivre les bons désirs

J'ai un ami. Appelons-le Benoît.

Benoît enchaîne les relations amoureuses depuis aussi longtemps que je le connais. Ça commence toujours pareil. Il la rencontre, il est convaincu que c'est la bonne, l'énergie est incroyable. Quelques mois après, rupture. Nouvelle quête. Nouvel espoir. Nouvelle certitude d'avoir enfin trouvé.

Ce qui m'a frappé, avec le temps, c'est que je ne l'ai presque jamais connu seul. Il y avait toujours quelqu'un. Jamais une pause. Un relais direct, comme si la solitude était quelque chose d'insupportable à affronter.

Un soir, je lui ai posé la question directement. « Que fuis-tu comme ça ? »

Silence.

Je n'ai pas insisté. Mais la réponse était dans le silence.

Benoît ne cherchait peut-être pas vraiment l'amour. Il cherchait à fuir quelque chose d'autre, la solitude, le vide, une certaine confrontation avec lui-même. L'amour était le véhicule. Mais pas la vraie destination.

Baruch Spinoza appelait ça des causes inadéquates. L'idée est simple, et cinglante : nous croyons parfois poursuivre un objectif, alors que nous répondons en réalité à une peur ou à un besoin que nous ne voyons pas clairement. 

Chercher une relation pour fuir le vide. Travailler sans cesse pour éviter de penser. Poursuivre un métier prestigieux pour obtenir une validation que personne ne nous a jamais donnée. Vouloir réussir pour réparer quelque chose.

Ce n'est pas de la faiblesse. C'est de l'humain.

Sauf que construire une vie entière sur une cause inadéquate, ça a des conséquences.

On peut passer dix ans dans un secteur d'activité qui "a du sens", logistiquement, socialement, familialement, et réaliser un matin que ce n'était pas vraiment ça. Que la vraie envie, celle qui cherchait à exister depuis longtemps, on l'a mise de côté. Par précaution. Par faux désir. Parce que les chimères sont plus rassurantes à poursuivre que les vraies directions.

C'est ce que je vois parfois en accompagnement. Des personnes dont le projet de reconversion est clair, cohérent, solide sur le papier. Mais qui poursuivent en réalité quelque chose d'autre, une sécurité, une approbation, une revanche. Et cette couche invisible, non examinée, finit par parasiter tout le reste.

Ce qui était déjà là en puissance, ce n'est pas toujours ce qu'on croit poursuivre. C'est parfois enfoui sous plusieurs couches de faux désirs, construits pour satisfaire quelqu'un d'autre, ou pour fuir quelque chose qui nous fait peur.

Et c'est là que l'honnêteté devient le premier outil. Pas la bienveillance envers soi, pas la gratitude, pas les affirmations positives. Juste regarder en face ce qu'on fait vraiment, et pourquoi.

En pratique

Un exercice d'honnêteté radicale. Le genre qu'on préfère souvent éviter, ce qui est précisément la raison pour laquelle il est utile.

  1. Pourquoi est-ce que je fais vraiment ce que je fais aujourd'hui dans ma vie professionnelle ?

  2. Quelle peur, quel besoin ou quel désir se cache peut-être derrière ?

  3. Complétez cette phrase : "Si je suis honnête, ce que je cherche vraiment dans mon travail, c'est..."

Il n'y a pas de bonne réponse. Il y a juste la vraie réponse, celle qui mérite d'être connue.

Conclusion : work in progress

Nous nous construisons en permanence.

Chaque décision, chaque journée, chaque habitude. Que ce soit conscient ou non. Que ce soit souhaité ou non. Nous devenons ce que nous faisons, répétition après répétition.

On peut construire quelque chose de solide, fondé sur des matériaux qui tiennent. Ou quelque chose de bancal, admirable en façade mais fragile dans ses fondations, bâti pour de mauvaises raisons ou sur des désirs qui n'étaient pas vraiment les nôtres.

Ce que les Romains auraient appelé un colosse aux pieds d'argile. L'air impressionnant, jusqu'au moment où il ne l'est plus.

La question la plus utile n'est peut-être pas "Est-ce que je réussis ?" mais "Est-ce que je construis avec les bons matériaux ? Est-ce que mes désirs sont vraiment les miens ?"

Au fond, une idée demeure.

Quelque chose est déjà là en vous. Une force. Une possibilité. Une direction qui cherche à exister depuis longtemps, peut-être depuis l'enfance, peut-être depuis une phrase griffonnée dans un carnet que personne n'a jamais lu.

Et peut-être que la vie consiste moins à devenir quelqu'un d'autre qu'à laisser enfin apparaître ce qui était déjà là.

C'est précisément ce que nous faisons ensemble dans La Voie : examiner honnêtement ce qui est déjà en puissance, construire une activité réelle qui rapporte de l'argent autour de ça, et le faire simplement. Le lien est en bas de ce mail, si vous souhaitez en savoir plus.

Et vous, quelle phrase auriez-vous pu écrire à dix-huit ans, et que vous êtes peut-être en train d'écrire maintenant sans vous en rendre compte ?

Dites-le moi en répondant à ce mail, c’est toujours agréable d’échanger. 

Bon futur,

Simon


Bravo et merci de m'avoir lu jusqu'ici 🙏 J’espère que ce cours vous a plu, si c’est le cas faites-le-moi savoir en laissant un commentaire ou en m’envoyant un message sur LinkedIn ou Instagram.

Ça me fait toujours plaisir et ça m’aide d’avoir vos feedbacks.

Sur ce je vous laisse,

Bon futur !


Dès que vous serez prêt, vous pouvez :

  • Rejoindre mon programme La Voie pour passer du chaos professionnel à un projet rentable qui vous ressemble.

  • Lire mon livre pour vous créer une vie (presque) sans problème.


Vous venez de lire les carnets de la Voie, la newsletter qui vous partage chaque semaine, 3 idées qui éclairent et 3 exercices qui transforment pour passer du chaos professionnel à un projet rentable qui vous ressemble.

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